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Interview de Nicolas Lim et Julie Léger recueillie par votre serviteur aux Utopiales 2007

 

 

Nicolas Lim et Julie Léger ont respectivement tourné et produit la Chute des villes, un court-métrage photographique, authentique travail de recherche tant sur le fond que sur la forme. Il était impensable de ne pas découvrir avec eux le pourquoi d’une telle aventure dans le domaine de la Science-Fiction.

LeFantastique.net: Pouvez-vous nous parler de votre rencontre entre un réalisateur et une productrice, autour de cette fiction photographique, La chute des villes.
Julie Léger: Nous avons été présenté par une amie commune, il y a un peu moins d’un an. J’ai rencontré Nicolas après le tournage, à son retour du Cambodge.

 
Le tournage a donc eu lieu en décor naturel ?

Oui, j’ai travaillé un an au Cambodge à l’ambassade de France comme attaché audiovisuel. J’avais déjà réalisé des courts métrages avant, en HD cam, comme garde-robe. Au Cambodge, j’ai trouvé des décors fascinants. J’ai écrit le scénario sur place.

Julie Léger, qu’est-ce qui vous a séduit dans le film de Nicolas Lim ?
Son unité, sa globalité, avec une technique narrative si peu usitée. Cette forme basée sur la technique photographique donne une vraie narration et une ambiance authentique. Les nombreux thèmes et la cohérence dans leur mise en œuvre m’ont séduits. C’est une expérience photographique, le fond et la forme sont parfaitement cohérents. J’ai été ravie que les Utopiales aient choisi de présenter ce film.

Le titre du film est-il en rapport avec l’œuvre de Barjavel ? Effectivement, il s’agit du chapitre deux de Ravage, référence personnelle à une de mes œuvres préférées.

Vous avez dû effectuer beaucoup de repérages pour trouver votre décor ?
Le Cambodge est vaste mais il y a plusieurs villes abandonnées. C’est un pays au relief assez plat, excepté une montagne et c’est là que sous le protectorat français une ville de plaisance avait été construite. Elle est abandonnée depuis trente ans. Elle est complètement perdue. Il n’y a plus de routes, il faut trois heures en 4X4 dans la jungle pour l’atteindre. Tous les décors sont rigoureusement naturels.

Ce décor a-t-il décidé de votre technique narrative ?
Mes tournages précédents en HD Cam demandaient beaucoup de matériels, beaucoup de lumière etc., c’était lourd à gérer. Là-bas, j’avais toute liberté, notamment pour me concentrer sur le visuel et la direction des acteurs. L’actrice principale a beaucoup apporté au film. J’ai fait ce film par plaisir et je voulais travailler la même technique que celle de Chris Maker dans la Jetée. Je connais peu d’autres films photos qui ont été faits depuis. Je voulais expérimenter cette voie. J’ai pris 2500 photos, pour en utiliser 1000. Au début, quand j’en ai parlé, on ne comprenait pas trop ce que je voulais faire, on croyait que ce serait un roman photo.

Il y a tout un travail sur les sens dans votre film.
Oui, j’ai voulu faire un film sensoriel. La bande sonore du film est originale, composée expressément et jouée par un orchestre, le tout enregistré en studio. Les bruitages, les sons d’ambiance ont été particulièrement soignés.

Vous avez l’intention de continuer dans ce type de narration ?
Pas vraiment. Il faut une histoire qui s’accommode avec ce type de film. Je ne pense pas que l’on puisse faire un long métrage avec cette technique narrative, je pense que le public se lasserait. La forme du court métrage me semble la plus adaptée. Personnellement, je souhaite revenir à une mise en scène traditionnelle.

Julie Léger, votre jeune maison de production s’orienterait-elle vers la Science-Fiction ?
Tout type de film nous intéresse mais il faut surtout qu’il y ait une griffe d’auteur, une identité. Nous commençons la série de festivals d’abord pour proposer le travail de Nicolas.

 

 

 

 

Lefantastique.net : Nicolas Lim, d’autres projets en perspectives ?
Je pense me consacrer à un prochain court métrage en 2008. Pour l’instant, avec Julie, nous nous concentrons sur la promotion de La chute des villes.

 

 

Propos recueillis par Gabriel Féraud